De la patience …

Nous vivons dans une époque bien troublée où les différences et les fossés entre les hommes s’accentuent de plus en plus.

Il me semble que les personnes sont de plus en plus agressives, méchantes, impatientes : en un mot assez insupportables.

J’ai l’impression que les personnes n’ont plus de parcelles d’humanité en eux et laissent cours à leur côté sombre où les plus bas instincts s’expriment … et ce n’est pas très beau à voir souvent.

Mais pourquoi ? Peut-être parce que ces personnes voient ce monde sombrer aux mains des financiers et des politiques corrompus. Ils n’ont plus d’espoir et souvent ne voient plus de réelles raisons de vivre ou de faire des efforts. Leurs yeux sont obscurcis par la dureté que le monde leur impose et ils ne voient plus que la vie est un miracle. Miracle qui a été sali par l’argent et les assoiffés de pouvoir qui veulent monopoliser les richesses et tuer tous les autres.

Les incivilités, les agressions et les absurdités de toutes les sortes sont de mise chaque jour et cela ne fait qu’empirer.

Qu’est ce que donc que la patience ?

Si on suit la définition – Source Wiktionnaire – voici ce qu’il est possible de lire :

Du latin patientia (« souffrance », « endurance », « résistance », « courage », « fermeté », « résignation », « obéissance », « patience »).

patience /pa.sjɑ̃s/ féminin

1. Vertu qui fait supporter les adversités, les douleurs, les injures, les incommodités, etc.

2. Tranquillité, calme, sang-froid avec lequel on attend ce qui tarde à venir ou à se faire.

3. Constance, persévérance à faire une chose, à poursuivre un dessein, malgré la lenteur des progrès, les obstacles, les peines, les dégoûts.

4.(Cartes à jouer) Jeu de cartes où un seul joueur participe.

5. (Vieilli) (Militaire) Planchette à rainure dont on se sert pour astiquer les boutons de métal.

Voilà pour le dictionnaire. Mais je me suis posée la question qu’est ce que cela signifiait concrètement, pour nous, dans la vie de tous les jours, d’être patient.

Un de mes proches à qui j’ai posé la question m’a répondu que la meilleure définition qu’il pourrait donner c’est « de ne pas souffrir de devoir attendre ».

Je pense que c’est là la bonne et exacte définition.

C’est aussi rester calme face aux frustrations et aux agressions que l’on peut ressentir chaque jour. Il y a en a de toutes les sortes. Il semblerait pourtant que plus on avance dans la vie, mieux nous apprenons à gérer ces frustrations. Force est de constater que, souvent, nous sommes de plus en plus sensibles à celles-ci et que nous ne supportons pas d’attendre.

Le monde agité nous imprime sa marque. Tout va de plus en plus vite et nous devons tout avoir tout de suite, sans attendre. Nous sommes dans l’immédiateté alors que nombre de choses sur cette Terre demandent du temps et de la maturation.

Ce n’est pas dans la rapidité que l’on fabrique une belle pièce d’artisanat, que l’on apprécie une bonne musique, que l’on déguste un bon plat. Ce n’est pas non plus en se pressant qu’un arbre ou tout autre végétal pousse. C’est en prenant son temps, minutes après minutes, années après années. Ce n’est pas en courant que l’on apprécie le moment présent mais en s’arrêtant et en en prenant la bonne mesure.

Ce n’est pas en se dépêchant non plus que l’on apprends à lire, à écrire, à compter et tant d’autres leçons que nous aurons à apprendre à l’école et aussi dans la vie.

Ce n’est pas en allant à toute vitesse que nous pouvons apprendre à connaître les personnes que l’on rencontre.

Ce n’est pas en allant vite non plus que nous pouvons apprendre à aimer et à partager.

Sinon nous resterons souvent dans la superficialité. Aussi bien cela convient à un certain nombre de personnes. Il me semble pourtant que nous gagnerions tous à aller moins vite mais aussi plus dans la profondeur des choses.

Qu’importe que vous patientiez à la caisse pendant 15 minutes. Vous pouvez en profiter pour échanger quelques mots avec les personnes avant ou après vous. Parler de la pluie ou du beau temps … mais peut être de choses plus importantes.

Qui sait, à l’heure où les personnes sur Terre se sentent si seules, c’est aussi l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes.

Qu’importe de ne pas avoir la dernière tablette à la mode … vous n’aurez pas non plus les derniers logiciels espions à la mode qui vont la mettre ko en 5 minutes et vous avoir fait dépensé 500 € pour rien. Ces petites bestioles qui de surcroît vont pouvoir vous suivre à la trace pour le compte d’on ne sait vraiment qui.

Qu’importe de ne pas avoir tout ces biens matériels qui inondent notre marché, toujours dans la surenchère. A quoi cela servira quand vous ne serez plus là pour en profiter et que vous ne léguerez de toutes les manières pas à vos enfants puisqu’ils auront déjà un nouvel objet de convoitise ou que l’obsolescence programmée aura eu raison de votre gadget.

Hier je suis tombée sur un reportage sur quelques sociétés retirées de ce monde qui demandaient avec ferveur les mêmes conditions de vie que dans les pays « occidentaux civilisés ». C’est bien d’apporter l’électricité ou l’hygiène à ses populations. Mais avec, nous leurs amenons la TV et les produits ménagers toxiques. Je ne suis pas certaine que cela soit le mieux à leur offrir.

J’ai la sensation que le progrès va toujours dans le mauvais sens alors que la vrai richesse, ce sont ces peuples qui en sont les détenteurs. Ils ont le luxe du temps que nous n’avons plus ici. Le rythme est magnifiquement lent et donne le temps à l’humain de vivre et de profiter de la vie tout simplement. C’est nous qui devrions leur demander de nous apprendre la patience et l’humilité.

Ici, nous ne vivons plus, nous courrons sans cesse …

Nous courrons pour arriver à l’heure à un travail que souvent nous détestons et qui nous rends malades.

Nous courrons pour aller récupérer les enfants chez la nounou qui débauche à 18h et qui ne souffrira pas les 10 minutes de retard que vous aurez cumulé dans les embouteillages.

Nous courrons aussi pour arriver à des fêtes ou des dîners entre famille ou amis où nous n’avons pas envie d’aller.

Nous courrons pour aller chercher notre baguette de pain quotidienne remplie d’ingrédients qui nous intoxiquerons encore un peu plus chaque jour.

Et nous courrons et pestons après les caissières qui ne sont pas assez rapides. Et quand l’ère des caissières aura été remplacée par l’ère des caisses toutes automatisées, nous râlerons encore contre nos semblables ne pas aller assez vite pour régler leurs articles.

Quelle est cette lubie de la vitesse ? Que nous apporte-t-elle vraiment ? Si ce n’est un niveau de tolérance de la frustration si bas que nous ne supportons plus rien ni personne. Cette même frustration nécessaire que nous devrions apprendre à nos enfants mais que nous ne faisons plus de peur de culpabiliser de leur dire non.

En quoi être si pressé et agressif avec ses semblables améliore notre propre vie ? Cela n’améliore rien car nous n’en sommes pas plus avancés pour nous et nous avons pourri encore un peu plus la vie à ceux avec qui nous vivons sur cette Terre.

Le paradoxe là dedans, c’est que plus nous devenons intolérants à la moindre attente ou frustration plus celles-ci augmentent chaque jour ; la société dans laquelle nous vivons les fabriquant à la chaîne.

Nous vivons dans l’illusion qu’aller vite pour des choses nous en laissera plus pour en faire d’autres. Il me semble que ce que nous devrions comprendre, c’est quil faut prendre le temps pour chaque chose. Prendre le temps juste d’apprécier les choses que nous faisons même si cela est difficile car la société ne nous laisse pas cette place et encore moins dans le monde du travail. Je me souviens d’une entreprise où j’ai travaillé où chaque seconde du temps de travail était réglementé et devait être justifiée même son passage aux toilettes !

Si nous prenons cinq minutes de plus pour parler avec notre voisin ou pour s’arrêter en voiture et laisser traverser un piéton qu’y perdons nous ? Nous allons plutôt tisser de meilleurs liens avec nos voisins et embellir la vie d’une personne qui aura attendu elle-même très longtemps avant de traverser. Nous avons tous à y gagner.

Et comme la réciproque est juste, si nous sommes plus patients avec les autres, les autres le deviendront aussi avec nous. C’est un vrai cercle vertueux comme la gentillesse.

Il faut je pense vraiment faire cet effort pour nous améliorer la vie.

Après, c’est comme toujours rien ne sert d’être extrémiste ou jusque boutiste. Il ne suffit pas d’être patient et de laisser pourrir des situations et de ne plus pouvoir s’en sortir. Il ne s’agit pas d’attendre par exemple de dire à une personne qu’on l’aime en pensant qu’on a tout le temps. Ne pas non plus patienter et rester dans un travail qui nous pèse ou nous rends malades en pensant que cela va s’arranger.

Comme dans tout, c’est une question de mesure.

Ce long article juste pour dire que le monde ne se porterai pas plus mal si nous étions plus patients, que nous arrêtions d’être dans la vitesse. Nous irions mieux si nous prenions le temps de vivre et aussi le temps d’être nous mêmes.

Pour terminer, je note ici deux citations que j’ai trouvé intéressantes sur la patience.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » Jean de La Fontaine dans ses Fables – Le lion et le rat.

« La force est un géant qui a trois bras : Le courage, la persévérance et la patience. » Laurent-Pierre de Jussieu dans Simon de Nantua.

Mélanie – My Original Nature

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